Islande

Voyage en Islande


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Posté: 16 Oct 2016, 11:09 

En 1933, Horace Dall a effectué une extraordinaire traversée de l’Islande par les terres de l’intérieur. Il a effectué cette traversée à bicyclette, en la poussant la plupart du temps plutôt qu’en pédalant, seul et sans assistance à l’exception de la traversée de la rivière Tungnaa où il a emprunté une barge. Il a pris quelques photos de son exploit agrémentées de quelques notes.  Initialement il avait prévu de pédaler sur son vélo 30% du temps mais il a vite déchanté en atteignant le désert central avec son sable mou, sa cendre, ses cailloux…
Il s’intéressait beaucoup à la planète et voyageait tout autour du monde en emportant son appareil photos. Dans les années 30, un voyage en Islande était très différent de ce à quoi cela ressemble aujourd’hui. Les routes étaient inexistantes et il n’y avait aucune infrastructure pour les touristes. Un cycliste devait s’attendre à traverser des terrains très difficiles partout, notamment dans les régions montagneuses. Horace Dall a fait 260 km en 5 jours à raison de 16 heures par jour.
Horace Dall a réalisé une traversée spectaculaire du Sprengisandur avec son vélo Raleigh à trois vitesses. Le cycliste-photographe a écrit au sujet de son expédition (osons le mot !) : « le Sprengisandur est un désert volcanique et glaciaire sans route ni piste au centre de l’Islande et la zone la plus désolée d’Europe. Dall a réussi la première traversée sur roues du Sprengisandur ».
C’est durant une mini expédition dans l’ouest de l’Islande en 1932 que naquît son ambition de traverser le pays par l’effroyable désert du centre. Il présumait que la traversée serai comparable à son escapade l’année passée, avec le même genre de pistes et c’est donc mal équipé qu’il s’élança à l’assaut des highlands. Il n’emporta avec lui que 800 grammes de glucose, pemmican, de la viande séchée, un réchaud, un sac de couchage, mais pas de tente ! Il pensait qu’il lui suffirait de suivre une piste mais c'est souvent en suivant des cairns qu’il trouva son chemin, ainsi qu’avec l’aide de sa boussole et sa carte au… 1/1 000 000 è sur laquelle n’apparaissaient que quelques grandes rivières ! Sur les derniers jours il n'a mangé que 100 g de chocolat par jour car il n'avait pas prévu assez de provisions, il a donc dû perdre quelques kilos... Il dû se résoudre à embaucher quelqu’un pour l’aider à franchir la première grosse rivière, la Tungnaa, le point de séparation entre la civilisation et le désert. Il dit : « Le grand moment est arrivé. Les islandais sur leur barge ont ramé vers leur camion après nous avoir déposé mon vélo et moi sur la rive nord de la Tungnaa. C’est une rivière profonde avec du courant. Je leur fis signe au revoir de la main avec un drôle de sentiment. Je ne savais trop quoi penser en découvrant la nature du début de piste chaotique que j’allais devoir suivre. Ces islandais étaient les derniers êtres humains que je voyais jusqu’à mon arrivée dans le nord à la ferme de Myri.
A peine s’éloignait-il de la Tungnaa et commençait-il à s’enfoncer dans le désert qu’un violent orage éclata en guise d’adieu à la civilisation. Il dût pousser son vélo en montant assez haut sur les flancs des collines afin d’éviter les terrains marécageux. Le temps devînt brumeux et il dût effectuer de nombreuses vérifications sur la direction à suivre à l’aide de sa boussole. Il écrit : « Cette première journée me donnait un avant-goût du calvaire qui m’attendait avec la lave, les rochers, les marécages et je me suis très vite rendu compte que mes prévisions d’utiliser le vélo 30 % de ma traversée était très optimistes ».
Dès le soir de la deuxième journée l’inquiétude de Dall s’accrût, il note : «  Ma boussole me conduisait souvent aux bords de gorges avec des rivières encaissées. Je dus effectuer un détour de 5 miles avant de pouvoir traverser les gorges et ses parois hautes d’environ 500 pieds (150 mètres). Je trouvais excitant d’imaginer  quel genre d’obstacle allait suivre. Plus loin je fus excité de croiser des traces de chevaux. Après avoir essayé de les suivre à travers les marais et les rivières, je pense qu’il s’agissait de chevaux sauvage et finis par arrêter de les suivre après avoir perdu beaucoup de temps. Continuant ma route je distinguai  le vaste cratère du volcan Askja à l’Est. Pour tous ceux qui ne connaissent pas l’air pur et cristallin de l’Islande il peut paraître incroyable de parvenir à distinguer le cratère qui se situe à une quarantaine de miles. Son diamètre est de 15 miles, c’est l’un des plus large du monde, situé dans une zone du monde très sauvage et encore inexplorée ».
Puis il poursuit : « La rivière Skjolfandafljt (vérifier le nom, note-t-il) m’a retenu prisonnier durant plus d’une journée, coincé la plupart du temps entre l’eau et les falaises. Aux passages les plus difficiles je ne pus pas prendre de photos, pousser le vélo dans de telles conditions me prenait trop de temps, d’attention et d’énergie. Ici le sol a la même consistance que de la farine, par conséquent le passage est très difficile.
Cinquième jour de vie sauvage,  quelle joie vue ! J’ai réussi à m’échapper de la  rivière Skjolfandafljt par une vallée latérale qui m’a permis de prendre de la hauteur. Je me trouve maintenant à 800 pieds au-dessus de la rivière qui charrie un volume impressionnant d’eau glaciaire descendant tout droit du plus gros glacier d’Europe : le Vatnajökull ».
Finalement Dall  réussit à atteindre la première ferme du nord :
«  La ferme Myri et ses pâturages verdoyants. La civilisation ! Je réussis à envoyer un télégramme aux agriculteurs islandais qui m’avaient aidé à traverser la Tungnaa, pour les informer que j’avais réussi à atteindre le nord sain et sauf, conformément à la promesse que je leur avais faite pour soulager leur anxiété ».
Ce fut grâce à son endurance et sa bonne fortune avec la météo que Dall réussit sa traversée. Contrairement à ce qu’il pensait il n’a pu pédaler qu’entre 5 et 10 % du temps, finalement on peut considérer qu’il a plus réalisé une traversée à pieds qu’à vélo. C’est également ce qui s’était produit lors de la première traversée du Sprengisandur en voiture, où très souvent les passagers devaient descendre et marcher à côté de la voiture ou aider en la poussant. Cette voiture traversa aussi la Tugnaa sur le même bateau à rames que Dall emprunta. Hedinn Hyskuldsson de la ferme Myri avait neuf ans quand Dall arriva de sa traversée du désert, et en 1996 il se souvenait encore très bien de son arrivée :
« Il est sorti du désert très bien habillé avec des chaussures vernies et une cravate, comme s’il allait à un entretien d’embauche à Reykjavik ! Il ne semblait même pas fatigué ! Dans le secteur on en a parlé encore de plus durant de nombreuses années ».
De nos jours la traversée du Sprengisandur ne ressemble en rien à l’expérience d'Horace Dall, les rivières étant souvent pontées et quelques refuges ont été construits, sans compter l’évolution du matériel de randonnée. Il peut y neiger à n’importe quel moment de l’année, et sur environ 125 kms la piste serpente à une altitude de 900 mètres.

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Les deux fermiers islandais qui m'ont aidé à traverser la rivière Tungnaa. Ils restèrent là un moment dans la grande plaine de sable au nord du volcan Hekla. Leur camion était alors le seul véhicule motorisé qui avait atteint l'Hekla, 20 km au nord de point de départ Lellomüla.

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Lellomüla, la dernière ferme avant de m'enfoncer dans le désert central. Un ciel effrayant avec de fréquentes grosse averses entrecoupées d'éclaircies. Remarquez le toît des maisons recouvertes de mottes d'herbe où parfois même de petites fleurs poussent.

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Première soirée dans le désert avec la promesse d'un temps qui s'améliore. Cette première journée de voyage m'a donné une idée de ceà quoi allait ressembler ma traversée : des cailloux, du sables, des sols difficilement praticables. Mon espoir de pédaler 30 % du temps s'effondre.


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Je suis tellement exhalté d'avoir réussi à traverser ces rivières et ces terrains difficiles que je pose en réglant mon appareil sur la prise de vue automatique, en posant mon appareil photo sur un rocher.

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Soirée de ma deuxième journée, après avoir laissé derrière moi la rivière Tungnaa. C'est une des nombreuses rivières au fond de gorges à laquelle ma boussole me conduit. Celle-ci m'a particulièrement inquiété, en effet j'ai dû réaliser un détour de 5 miles pour parvenir à la franchir. Il devenait alors interressant et excitant de spéculer sur les futur obstacles à venir...

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Sujet remonté par Jouge le 16 Oct 2016, 11:09.


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