Islande

Voyage en Islande


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MessageSujet du message: L'intérieur de l'Islande
Posté: 08 Juin 2016, 10:48 

Les hautes terres de l’intérieur de l’Islande sont complètement inhabitées.
Sur le plateau du centre le Vatnajokull est séparé du Tungnafellsjokull par le col du Vonarskard qui surplombe le Sprengisandur à 1000 m. d’altitude. De là-haut la vue est belle, mais elle se mérite. Il existe une source chaude dans laquelle il est possible de se baigner près d’Eggja.
Un autre joli point de vue sur le vaste Sprengisandur, le col du Klosaskard  se situe entre Langjokull et l’Eiriksjokull, atteint 800 m. d’altitude.
Dans les hautes terres on trouve de nombreuses vallées à travers lesquelles les ramifications des montagnes se prolongent vers la mer. Les terres de l’intérieur ressemblent à de vastes terrains vagues sur lesquels aucune herbe ne pousse, mais l’état de leur surface change légèrement en fonction de la nature géographique des montagnes proches, où le basalte et la dolomite forment le substrat, la surface est parfois couverte de déchirures et de rochers dont les formes irrégulières et la taille varient. Ce type de terrain complique l’exploration de ces zones désertiques pour le randonneur à pieds. Le sol est souvent couvert de graviers et de scories volcaniques, les champs de lave recouvrent de larges étendues presque sans végétation, il est difficile de trouver une vue plus désolée. Il n’y a aucun signe de vie, et aussi loin que porte le regard, tout est couvert de noir et le silence des lieux est si « intense » que cela donne un côté déprimant à l’ensemble.
Les zones de lave les plus vastes sont le désert d’Oddahraun au Nord du Vatnajokull avec 3500 km², le Kjalhraun sur le Kjalvegur, et l’Hallmundarhraun entre les glaciers Langjokull et Eiriksjokull.
Au milieu de ces grands espaces on trouve les coupoles enneigées de quelques glaciers mais se dressent aussi quelques montagnes solitaires comme le Hardubreid (1660 m.), le Skjaldbreid (1063 m), le Hlödufell (1163 m.). En bordures des glaciers on trouve quelques sommets qui émergent, notamment le volcan Oraefajokull qui avec ses 2119 m. d’altitude est le point culminant d’Islande. Il faut noter au passage que la taille des glaciers Islandais est bien supérieure à ceux du continent européen. Ce décor donne au randonneur l’impression de se trouver à une période post glacière, quand les glaces commencent à se retirer et qu’il reste ici et là quelques nappes. Les glaciers couvrent une surface assez étendue qui avoisine les 13500, km². Pour donner une idée à titre de comparaison les glaciers des Alpes ne couvrent que 3000 km². Les grands glaciers de l’intérieur se trouvent sur un sol composé de tuf volcanique, qui est une sorte de roche tendre composée de sable et cendre agglomérée. Comme la terre est essentiellement composée de montagnes volcaniques et basaltiques, les nuances foncées sont les plus prédominantes dans le paysage où il n’y a rien d’autre que du basalte.
Dans un pays comme l’Islande, avec un climat humide et quelques gros glaciers, il y a évidemment beaucoup de rivières dont certaines ont un très gros débit. Parmi les plus grosses on compte la Hvita (qui s’appelle Ölfusa vers la fin de son cours), la Jökulsa, la Thjorsa… Certaines sont très puissantes et ont un débit équivalent à celui du Rhin. Les glaciers de l’intérieur des terres font office de grands réservoirs d’où partent toutes les rivières, de plus les glaciers attirent constamment la pluie et l’humidité donc l’approvisionnement est toujours régulier.
Les islandais font la distinction entre les « bergvatn » qui sont des rivières à eau claire, et les « jokullvatn » qui sont des rivières d’origine glaciaires aux eaux troubles pleines de sédiments.
Quand la neige et la glace fondent à la base du glacier il se forme des marais et de grandes mares dont les écoulements finissent par donner naissance à des cours d’eau. Tout cela se termine en gros torrents à l’eau laiteuse qui se jettent à la mer. Aux abords des glaciers on trouve souvent des graviers, des sables mouvants et de la rocaille en éboulis. Le sol étant ici très humide, sur les 2 mois ou 2 mois et demi de l’été on peut trouver un peu d’herbe qui tente de reprendre l’ascendant sur le minéral. Mais quand l’altitude dépasse les 500 m. on ne voit plus grand-chose de végétal. La végétation est présente autour des sources chaudes, souvent sous forme de mousse, qui ne peuvent servir de fourrage qu’aux moutons, les chevaux préférant l’herbe grasse classique. Les expéditions à cheval emportent donc avec elles le fourrage pour les bêtes.
Les terres du centre ne sont plus habitées dès qu’elles dépassent les 500 ou 550 m. d’altitude. C’est le cas sur le Jökuldalsheidi (530 m.), le Mödrudalsfjöll (500 m.). Le moyen de subsistance de ces habitations (les Bygdir) est l’élevage des moutons, les habitants pêchent aussi dans les lacs d’altitude.
A l’âge de la colonisation, à l’époque des sagas, l’intérieur du pays était plus habité qu’à l’heure actuelle. Très tôt les colons norvégiens ont essayé de subsister dans l’intérieur du pays mais se sont vite rendu compte que le climat y était trop rigoureux. Ils se sont aperçu qu’il faisait trop froid en hiver pour y vivre à l’année, et les grosses quantités de neige empêchaient au bétail de trouver de quoi paître, et l’été était trop court pour faire des réserves durant l’été.
Plusieurs colonisations installées en altitude ont fini par disparaître après les ravages de la peste entre 1402 et 1404, causant la ruine de beaucoup de fermes. Sans compter les nombreuses éruptions volcaniques et les amoncellements de sable, ainsi que les Jökulhlaup… On trouvait ce genre de fermes spécialisées dans la reproduction des moutons dans la zone sud du Hofsjökull et à proximité du beau glacier-lac Hvitdrvatn, dans le Skagafjordur. Mais personne n’a jamais vraiment vécu à l’année sur les hautes terres du centre car le climat est dantesque en hiver. Cependant il est arrivé que quelques hors la loi s’y réfugient en été pour y mener une vie assez misérable, subsistant grâce à la pêche à la truite ou volant les moutons des paysans.
Quand en hiver le vent souffle sur les highlands, c’est comme si toute vie était éteinte, seules subsistent le ballet des aurores boréales. C’est très beaux mais le coin est antibiotique !
En été on peut entendre le chant siffleur des pluviers et des courlis cendrés, les oies et les cygnes et autres palmipèdes se multiplient dans les lacs allentours, et quelques milliers de moutons et agneaux cherchent leur nourriture comme ils peuvent.
On croise aussi quelquefois des caravanes de chevaux dont les empreintes de pas restent longtemps marquées dans le sol.

Au début du printemps les fermiers installés dans les vallées emmènent leurs moutons au pied des highlands, et en petits groupes les ovins s’enfoncent petit à petit dans l’intérieur des terres, en suivant les rives des rivières ou les marécages recouverts de mousse. Ils errent lentement vers les glaciers ainsi que dans les vallées entre ces glaciers. Certains se séparent du reste du groupe et se retrouve « mouton-solitaire » ou en groupe de deux ou trois. Quand le soleil sort, la blancheur de leur toison ressort parfaitement sur les sables noirs, on peut ainsi les apercevoir même à très longue distance. Au loin certaines étendues vertes peuvent apparaître comme une herbe  splendide mais en s’approchant on finit par constater qu’il ne s’agit que de mousse rase.  C’est le cas près des rivières et dans les zones marécageuses. Les moutons broutent comme ils peuvent sur les highlands jusqu’en septembre, quand les fermiers viennent les chercher pour les ramener à la maison. C’est la saison du Rettir, les fermiers vont alors les chercher à cheval, à pied, en moto et parfois même en hélicoptère pour les endroits les plus reculés. Les fermiers doivent s’y reprendre à plusieurs fois pour rassembler la totalité de leur bétail, se rendant deux ou trois fois sur les terres du centre. Mais ils doivent toutefois faire vite car dès la fin septembre les premières grosses tempêtes de neige arrivent, rendant l’accès au plateau du centre très difficile voir impossible. En 2012, un hiver précoce, avec un froid sans précédent a pris au piège 13 000 moutons. Certains étaient ensevelis sous un bon mètre de neige, un peu affamés mais vivants grâce à l’isolation de leur laine, c’est munis de pelles que leurs propriétaires sont allés les déneiger. Ce rassemblement de moutons de septembre sont très fatigants mais restent malgré tout un plaisir, l’ambiance reste festive. Les fermiers peuvent même passer la nuit sous leur tente ou dans un refuge de fortune. Le Rettir est une sorte de festival national auquel même femmes et enfants participent. Certains touristes paient pour y prendre part.
Pour ceux qui souhaitent traverser les hauts il faut savoir qu’il y a très peu de ponts sur les rivières, et même à l’époque actuelle c’est une petite expédition, en voiture on suit des pistes tracées au bulldozer et bordées de piquets en bois délavés par les pluies. Ces pistes sont en principe repassées au bull tous les ans par les ponts et chaussées islandais.
Les premiers colons ont vite tiré des routes cavalières à travers les highlands, qui dans les temps anciens étaient très utilisées. Mais plus tard quand des caravanes commerciales les ont emprunté il y a eu pas mal d’accidents, et du coup ces pistes cavalières ont fini par être abandonnées.
La route qui traverse le Sprengisandur démarre àHusavik ou Akureyri dans le fjord Eyjafjördur. Depuis Husavik on prend la direction vers le sud à Bardardalur dans le Sudur-Thingeyjarsysla.
Si l’on part d’Akureyri on suit la route vers l’est par les montagnes (Vadlaheidi) jusqu’à la pittoresques vallée Fnjooskardalur où on traverse la rivière Fnjoska à gué près delaquelle on trouve une magnifique forêt de bouleaux. On entre  ensuite dans le Ljosavatnsskard puis on arrive très vite au lac Ljosavatn (« le lac lumineux ») réputé pour ses nombreuses truites. On peut loger dans la ferme voisine.
D’akureyri à Ljosavatn il faut compter 5 ou 6 heures. Depuis le lac Ljosavatn il est possible d’atteindre rapidement la splendide chute d’eau Godafoss situé dans le Skjalfandi (« le tremblement »). Le courant part en direction du sud à travers la Bordardalar jusqu’à la ferme la plus au sud de la vallée.

En 1902, un des premiers à explorer la zone témoigne que la plus grande difficulté ici n’est pas de lutter contre le brouillard, la pluie et autres intempéries, mais de se débrouiller pour trouver des pâturages pour ses chevaux. Il a également du prendre en considération le temps exceptionnellement froid de cette année là qui avait abîmé la végétation déjà maigre des highlands. Il tentait donc la traversée avec le moins de bêtes possible nécessaires au transport de leur matériel. A l’époque leur équipement était rudimentaire, ses deux compagnons de voyage ainsi que lui-même avaient un seul costume de rechange, un pardessus et deux sous-vêtements de rechange. La petite expédition avait emporté une petite tente dans laquelle ils pouvaient dormir tous les trois. Le chef d’expédition avait en plus un lit de camp de 3,5 kilos ainsi que quelques couvertures. Ses deux compagnons se servaient des sacs de foins des chevaux en guise de matelas et utilisaient des peaux comme couvertures. Beaucoup d’objets emportés avaient une double utilisation, c’était très « roots » au niveau équipement, le gore-tex n’existait pas à l’époque ! Ils se servaient aussi de tous les vêtements qu’ils transportaient comme couverture.
Leurs repas se composaient de bouillie, de viande de mouton salée et fumée, de poisson séché, du pain, du beurre et toutes sortes d’autres produits islandais, ainsi que quelques conserves. Pas de plats lyophilisés en ces temps ancestraux, heureusement qu’ils avaient des chevaux de bât pour porter tout ça.
Ils possédaient chacun trois chevaux qu’ils montaient alternativement pour  économiser leurs montures et trois autres pour porter leur équipement. Au total la caravane se composait donc de douze chevaux pour trois hommes, ce qui constituait finalement un petit convoi, pour une aventure de cette ampleur à l’époque.
Ils se réveillaient chaque jour très tôt, entre 4h30 et 5h00, avant que le soleil ne se lève. Ils allumaient alors un feu pour faire chauffer leur marmite afin de se faire un rapide brin de toilette et de prendre un bon petit déjeuner car ils savaient que ce serait la seule nourriture qu’ils avaleraient jusqu’au repas du soir. Ils détachaient leurs chevaux qu’ils avaient bien ficelés la veille au soir en leur entravant les membres inférieurs pour éviter qu’ils ne s’échappent. Le chef d’expédition témoigne qu’ils tentaient de ne pas perdre trop de temps, mais que tous ces préparatifs du matin pour la mise en route leur prenaient entre 2h30 et 3h00, ce qui ne leur permettait pas de lever le camp avant 8h00 environ. La logistique était plus importante que pour une expé d’aujourd’hui, le matériel de l’époque  était moins performant et plus lourd aussi.
Douze heures durant il chevauchaient, faisant de nombreuses pauses pour reposer leurs montures ainsi que pour faire des reconnaissances et se repérer. Les cartes n’existant pas à l’époque il devait être aisé de se perdre, car dans les années 1900 on connaissait bien un peu quelques pistes, quelques passages mais dès qu’on s’en écartait un peu c’était l’inconnu.
Les journées passaient très rapidement et avant qu’ils ne s’en aperçoivent c’était déjà le soir. Quand ils trouvaient quelque chose qui ressemblait à un pâturage il montaient le camp pour la nuit. Là les chevaux se roulaient dans la cendre, contents d’être libérés de leur fardeau. Ils leur rattachaient les pattes avant ensemble pour éviter qu’ils s’enfuient. Le soir ils allumaient une bougie puis fumaient la pipe avant d’aller au lit. Ils se couchaient de bonne heure mais passaient tous les trois de mauvaises nuits, en somnolent tout au plus. Le froid en particulier les empêchait de sombrer dans un sommeil profond et réparateur, les réveillant souvent, ainsi que le bruit du vent et de la pluie. Mais pas seulement : ils avaient également peur que leurs chevaux ne se libèrent de leurs liens et rentrent à la maison ou partent à la recherche de meilleurs pâturages. Les premières nuits ils se levaient donc régulièrement chaque nuit pour aller vérifier les attaches de leurs bêtes. Mais à force ils finirent par se rendre compte qu’il n’y avait rien à craindre de ce côté-là, leurs chevaux étant toujours là, en tout cas durant les premiers jours quand ils n’étaient pas encore trop en manque d’herbe. Ils durent être très prudents vis-à-vis des chevaux surtout dans les coins où l’herbe était très pauvre car les chevaux auraient pu repartir au grand galop par où ils étaient venus, vers le nord. Un de leur grand chevaux de bât leur causait plus d’inquiétude que les autres car il avait déjà rompu la corde qui lui entravait les jambes plusieurs fois, embarquant avec lui le reste de ses compagnons car ils étaient tous attachés ensemble.
Cette petite expédition avait pour but d’ouvrir des routes à travers les hautes terres du centre. En ce début de 20è siècle ce secteur n’était pas bien connu, il s’agissait d’exploration pure, le but était de pouvoir relier le nord au sud.
Au moyen âge il y avait déjà plusieurs fermes à l’intérieur de la Skjalfandafljot dont les traces étaient encore visibles en 1902. Le chef d’expédition était déjà passé plus ou moins dans le secteur en 1897 et certains coins qui étaient tapissés d’herbe à l’époque étaient envahis de sable et de cendre aujourd’hui. Il témoigne avoir vu des ruines de trois vieilles fermes au sud de la jonction de la Kidagilsa et de la Skjalfandi, ce qui prouve qu’il y a longtemps l’endroit était beaucoup plus fertile qu’en ces premières années de 1900. Ils trouvèrent des os blanchis par les intempéries et le soleil au milieu des ruines, ainsi que des clous, et tout un tas d’autres choses. Cela semblait avoir été le site d’une fromagerie d’alpage ou une ferme.
Un peu plus loin ils trouvèrent des cairns érigés par Jon Oddsson et d’autres destinés à indiquer le chemin vers la partie sud du Sprengisandur.
En ce début 1900 il y avait déjà de bons pâturages avec de la bonne herbe grasse dans la vallée Jokuldalur près du Tungnafellsökull. Par contre à Kidagil le pâturage était médiocre.
Arrivés à l’ouest de la colline allongée de Fjordungsalda qui culmine à 976 m.se trouve le lac Fjordungsvatn en forme de boomrang, qui en cette année 1902 était très sec. Aucune végétation n’avait poussé sur ses rives et ils n’aperçurent aucun oiseau sur ses eaux. Ils poursuivirent en suivant des cairns qui partaient du lac. Au sud du lac ils bifurquèrent vers le sud est en se dirigeant vers la partie extrême sud du glacier Tungnafellsjökull. Ils se sont engouffrés dans la Jokuldalur où des oies s’envolaient à leur arrivée. Ils installèrent leurs tentes sur un terrain marécageux pendant que les chevaux paissaient de la bonne herbe. C’était un 24 août et le lendemain à leur réveil le brouillard avait envahi les lieux avec une pluie fine bien pénétrante, ils en profitèrent pour explorer le fond de la vallée, ils détectent une tache blanche sur la montagne et en s’approchant aperçoivent un agneau mort l’hiver précédent. Il est impossible qu’un mouton survive seul à un hiver dans les highlands, et quand l’un d’eux s’égare et qu’il n’est pas retrouvé par le fermier il va à une mort certaine. C'est incroyable à quel point les brebis peuvent errer. Jon told us that some people from the Bárdardalur had once driven their sheep (some ewes) to the south part of the country, in order to have the race mixed. Jon, un des membres de l’expédition, dit que certaines personnes de la Bárdardalur avaient autrefois conduit leurs moutons au sud du pays, afin de faire des croisements avec d’autres moutons. This was in July; C'était en Juillet ; on the way back, some of the sheep ran away from their owners near the Budarhals, and in January one of them came down in good condition to Mýri, after having crossed the Sprengisandur in mid-winter. sur le chemin du retour, certains des moutons se sont enfuis de leurs propriétaires à proximité des Budarhals, et en Janvier l'un d'eux est descendu en bon état de santé pour Myri, après avoir traversé le Sprengisandur en plein hiver. C’était l’unique cas connu en 1902 d’un mouton ayant survécu seul dans les highlands. La caravane poursuit son trajet vers le sud en longeant le cours de la Thjora vers Eyvindarkofaver. Ils plantèrent leurs tentes près des ruines d’une misérable cabane, celle du célèbre hors la loi Eyvind qui vécut ici il y a une centaine d’années.
Ils s’aperçurent vers quatre heures du matin que les chevaux s’étaient enfuis. Inquiets, ils partirent tous dans la brume matinale dans des directions différentes, et finirent par retrouver les traces laissées par leurs sabots dans la cendre et les graviers qui partaient en direction du nord. Ils récupérèrent leurs bêtes à presque 20 km de là, après trois heures d’intense recherche.
Plus tard ils faillirent tout perdre en traversant la rivière Thufuverskvisl. Les rives semblaient pourtant sûres, mais en plein milieu du gué, Jon et son cheval s’enfoncèrent à moitié.
Ils firent halte à Hvannagil puis poursuivant toujours vers le sud ils finirent par avoir une belle vue sur le volcan Hekla. Ils partirent en reconnaissance le long de la Kaldakvisl où il y avait beaucoup plus d’eau que d’habitude mais durent retourner à Hvanngil à cause d’une tempête de neige. Ils n’étaient alors plus très loin des zones habitées du sud, à une journée et demie de marche tout au plus, mais il leur était impossible de franchir la rivière Tungnaa parce que les mini bateaux que  les paysans de la région utilisent pour emmener leurs moutons dans les montagnes étaient tous sur le côté nord de la rivière. Quand la déveine s’y met…
Dans les vallées étroites de la Kerlingarfjoll le chef d’expédition note qu’il y a des centaines de sources chaudes qu’il avait déjà explorées en 1897.
Dans la Miklakvisl qui descend du glacier l’eau est bien sûr très froide mais une source chaude proche offre une eau à une température qu’il estime à 35° C. Ils s’installent ici, à Nauthagi dont le nom est dérivé de Nauthagi Naut (« jeunes bovins ») car vers 1850 deux têtes de bétail se sont enfuies de Reykjavik et ont été retrouvées ici.
Ils bifurquèrent en direction de Laugafell qui était connu comme étant le coin le plus aride d’Islande. Ils trouvèrent assez facilement les sources chaudes qui d’après Thoroddsen se situent à proximité de l’un des affluents de la Laugakvisl. On dit que tant que la peste à duré il y avait des laiteries de montagne près du site de Laugafell dont il reste  des ruines. Ils durent reprendre rapidement la route car à l’époque l’herbe manquait cruellement dans cette zone.
Puis ils ont rejoint la piste très caillouteuse Vatnahjallavegur qui reliait l’intérieur de l’Eyjafjardardalur avec la piste du Kjalvegur, un passage très utilisés dans les temps anciens. Les pistes Kaldidalsvegur, Kjölur et Sprengisandur sont trois pistes qui existent depuis le Moyen Age.

La ligne de partage des eaux entre les rivières glaciaires qui s’écoulent vers le nord et celles qui s’écoulent vers le sud est très étroite, et les sources sont très proches les unes des autres. Par exemple certaines sources de la Thjorsa ne sont qu’à dix minutes à pied les unes des autres.
Dans les highlands, le sol entre les glaciers est constitué de formations diluviales et alluviales et dans le sable on trouve souvent des mosaïques constituées de gravillons plus ou moins gros. Dans pas mal de zones il est impossible de passer à cheval à cause des pierres pointues qui jonchent le sol, ces pierres coupantes résultant de l’érosion mécanique dû au gel. Dans le Sprengisandur, les graviers, les pierres et le sable prédominent donc. La végétation y est maigre et se compose de robustes plantes de montagne avec ici et là quelques brins d’herbe, des sortes de joncs très souvent. On trouve aussi de temps en temps de larges parcelles qui ressemblent à des oasis couvertes de tapis d’herbe frêle ou de mousse. De plus, la nature poreuse du sol empêche de retenir les eaux, ce qui ne favorise pas la pousse des végétaux.
Comme on l’a vu le manque d’herbage pour les chevaux représente le plus gros obstacle pour ceux qui souhaitent traverser ce plus grand désert de pierre d’Europe, et c’était déjà le cas dans les temps anciens, on trouve quelques témoignages. Il faut également ajouter à cela les risques encourus lors de la traversée des rivières glaciaires. Il ne faut pas non plus les redouter plus que ça car les secteurs dangereux pour les traversées à gué peuvent être évités en passant là où le sol des rives n’est pas si mauvais, c'est plus long et il faut accepter de faire un détour.
Aucune rivière dangeureuse ne descend du Tungnafellsjökull, du Vatnajokull ou plutôt du col du Vonarskard qui verse ses eaux dans la Kaldakvisl. Tous ces cours d’eau rejoingnent la Tungnaa que dans les temps anciens on traversait grâce à des bâteaux au niveau des Bùdarhàls. Disons que les rivières  qui coulent de ces glaciers sont toujours passables d’un moyen ou d’un autre. Par contre les rivières venant du glacier Hofsjökull sont celles qui rendent la traversée du Sprengisandur difficile.
Au sud, à l’est et au nord du glacier Hofsjökull tout un tas de filets d’eau zèbrent le terrain, ils peuvent être traversés un à un avant qu’ils se rejoignent plus en aval. Les premiers explorateurs des highlands avaient noté que tout ces obstacles peuvaient être traversés avec de bons chevaux. Aujourd’hui les randonneurs doivent faire attention aux sables mouvant dans le secteur. Tous ces cours d’eau se réunissent pour finalement former la Pjorsà dont le débit finit par être énorme, qui ne peut être généralement traversée qu’au niveau du Soleyjarhöfdi à l’ouest du lac Kvislavatn où le sol est pierreux et plus facilement passable, les risques de s’enliser sont moindres.
Si l’état de la rivière est vraiment trop mauvais comme lors d’un été chaud ou après un jökulhlaup, la traversée à gué devient impossible à hauteur de Soleyjarhöfdi, il convient de remonter vers les contreforts du glacier Hofsjökull et traverser chaque courant séparément.

Au printemps commence la fonte des neiges du plateau, c’est souvent la débâcle ce qui rend la progression difficile jusqu’en été dans certains coins. Mais du fait du sol très poreux, l’écoulement souterrain est tout aussi important que l’écoulement de surface, les eaux disparaissent souvent dans les laves fissurées, une sorte de drainage naturel. Le paysage dans les hautes terres du centre a donc un aspect de sécheresse désertique bien que les précipitations soient abondantes. Certaines rigoles en surface ne sont que rarement remplies d’eau durant l’année mais plutôt au printemps lors du dégel, ou en hiver lors de redoux occasionnel car en hiver le sol est gelé en profondeur ce qui empêche les écoulements souterrains. Ces rigoles peuvent devenir de petites ravines encombrées de pierres.
Dans le désert l’eau s’évacue surtout grâce à l’évaporation, ici c’est plutôt par infiltration, ce qui ne change presque rien au résultat final. Ceci est encore plus vrai dans les coulées récentes.
Lors de leur passage souterrain les eaux se décantent et ressortent filtrées et claires (« les bergvatn »), en contraste avec les eaux troubles et laiteuses de celle des rivières qui n’ont pas connu l’enfouissement comme la jökullvatn. C’est à l’occasion de ces passages en sous sol que les laves reçoivent une  quantité énorme de sédiments. Mais dans les zones sableuses ou de cendre cela peut créer des tranchées souterraines et le randonneur qui n’y prend pas garde traversera la surface. Ce n’est jamais très profond mais on pourrait y laisser une cheville. Lorsque les roches du sol sont complètement remplies par le limon des eaux, la roche n’est plus perméable et les eaux ruissellent en surface, et l’érosion commence.
L’absence de rétention d’eau dans le sol des highlands empêche les végétaux de coloniser le terrain et donc cela favorise l’érosion des sols par l’action du vent. L’érosion éolienne favorise le transport des cendres et des sables qui polissent les roches, et l’agrandissement des trous et alvéoles dans le sol.
Un phénomène curieux a aussi été remarqué : certains cailloux de la taille du poing on été expulsés à la surface par un processus périglaciaire appelé par les norvégiens « ulfrysning ».
Mais dans certaines zones rocheuses avec des coulées de lave, le vent apporte aussi des sédiments qui permettent à quelques touffes d’herbe de renaître ainsi que des tapis de mousse. Il y a un cycle dans l’action du vent.
Le gel provoque aussi des buttes herbeuses, les thufurs, qui sont difficiles à franchir pour les randonneurs. Ces thufurs ne sont pas toujours végétalisés, on a alors l’impression d’un sol recouvert de taupinières. On en trouve aussi sur les glaciers.  Ils apparaissent dans les zones où les sols sont mal drainés.
On trouve de nombreux lacs sur les terres du centre du pays. Ces bassins lacustres sont d’origine tectonique, volcanique ou glaciaire. Le niveau des eaux de ces lacs est lié aux pluies mais aussi à leur topographie qui peut plus ou moins favoriser la circulation souterraine. Leur niveau peut varié suite à des séismes


Sujet remonté par Jouge le 08 Juin 2016, 10:48.


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