Islande

Voyage en Islande


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Posté: 25 Juin 2012, 14:18 

La première chose est d’accorder beaucoup d’importance à la préparation, car ce n’est pas une fois au fond du trou qu’il faut crier au secours. Avant d’essayer de gérer une situation extra ordinaire, il faut commencer par maîtriser son matériel, qui, même s’il ne répond pas à tout, doit être adapté au trek en question, sans être non plus over kill. Penser avant tout départ aux pires conditions qu’on peut rencontrer, ainsi on aura l’impression d’avoir déjà un peu vécu cette situation, et une situation pourrie l’est moins quand on la vit la deuxième fois, cela nous permettra d’avoir un modèle. Pour de nombreuses situations on réagit grâce à des modèles acquis antérieurement. Toute cette préparation en amont permettra de diminuer le risque de voir le stress grimper en flèche en cas de coup dur. Sur le terrain il faut surveiller l’arrivée de ce stress, et s’interdire de le laisser entrer, gare à l’effet chimpanzé durant la quelle notre cerveau ne gère que les fonctions les plus basiques, et encore... Ne pas laisser le cerveau se réfugier dans une réalité qui l’arrange, en prenant toutefois garde de ne pas laisser le mental s’égarer car quand on est seul cela fait partir des risques, ce qui a peu de chance de dégénérer quand on randonne à plusieurs et qu’il y a toujours quelqu’un du groupe pour nous recadrer. Il est également bon de réévaluer en permanence la situation.
Rester malgré tout concentré un minimum sur l’itinéraire pour éviter de se perdre, garder à l’esprit les risques éventuels d’une situation ardue.
Et puis se transférer ailleurs, se déconnecter, penser à autre chose, et comme il n’y a rien de plus réel qu’une émotion, penser à des bons moments passés, ou à venir (douche du soir…), tout ceci afin d’éviter que le moral ne s’effondre. Se concentrer sur la suite des évènements compte beaucoup dans ces cas là: penser à ce qu’on va manger le midi, à la douche du soir, au bain dans la source chaude... Si on croise un autre trekkeur, s’arrêter 5 minutes pour discuter un peu peut être salutaire, parler ça aide à beaucoup de choses, notamment à sortir du phénomène de tunélisation.
Si on est pris dans une tempête de malade où il pleut à l’horizontale avec un vent à décorner les trolls, on n’a d’autre choix qu’accepter et relativiser. On peut se dire qu’après tout on accroît notre expérience plus rapidement en gérant de tels passages, une telle épreuve ajoutera de la valeur ajoutée, de l’intérêt à la rando, et se dire qu’en Islande la pluie fait partie du jeu. Essayer de rester positif malgré tout.
Il faut accepter la situation, après tout on a payé pour être là et la fuite est impossible alors autant l’accepter pour en profiter quand même un minimum et prendre tout ce qui est à prendre, rester curieux devient alors une variable indispensable pour éviter de ne faire que subir.
Il faut être capable de prendre des mesures d’urgence, des décisions à très court termes si le besoin s’en fait sentir. Ainsi il faut tenir compte des signaux d’alarme de notre organisme : grignoter un en-cas si on a faim, boire si on a soif, enfiler une couche supplémentaire si on a froid. Eviter les réflexions du style : « le refuge n’est plus qu’à une demi heure, je boirai là-bas » ou « avec l’arrivée de la pluie je commence à avoir bien froid mais le refuge est tout proche, je me réchaufferai là-bas ». C’est comme ça que j’ai réagi lors d’une randonnée en Islande en 2007 et j’ai failli choper une engelure à la main. Il est donc indispensable de continuer à s’accorder des pauses pour grignoter, boire, et profiter de ces arrêts pour poser son sac à dos, et s'observer.
Dans toute situation dégradée il faut relativiser l’ampleur de la crise, dédramatiser, ce qui peut permettre de faire baisser le stress. Sous l’effet du stress on peut arriver à faire n’importe quoi, à prendre des décisions « limite confort ». N’en déplaise à certains on peut prendre un panard terrible en randonnant sous une pluie battante car le décor peut contrebalancer et racheter la météo pourrie.
Il faut faire l’effort de s’adapter à une situation différente de celle qu’on avait planifié (anticipation, préparation du tracé, de l’équipement…). Le modèle de situation qu’on avait planifié doit être revu, avec toutes les conséquences que ça peut avoir.
Plus le milieu est exigent plus il faut rester humble (de toute façon parfois on n’a pas le choix).
Tout cela peut faire la différence et faire qu’on rentrera vivant plutôt que blessé ou mort.
Beaucoup de choses passent donc par le mental mais ne jamais baisser sa garde, ne pas oublier le fameux adage : Ne sous-estimez pas les forces de la nature, car vous êtes petits et biodégradables.


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